Les rues étaient pratiquement vides ce matin, un dimanche d'un octobre de 2017, ou j'ai décidé depuis quelques temps d'aller au marché et éviter d'aller faire mes courses dans les grandes surfaces, ou on donne plus d'argent à ceux qui se fichent totalement de comment nous mangeons.

Alors je préfère, donner de l'argent à ceux qui se lèvent le matin et qui travaillent assez dur pour nourrir leur famille.

Déjà les courses sont relativement moins chères que dans les grandes surfaces qui se font une marge, et en plus, je sais que l'argent donné va aux personnes qui en ont besoin, et que les produits sont largement bien plus frais que ceux que les grandes surfaces veulent nous vendre.

Alors sur la route, dans ma voiture blanche 4x4, je roule tranquillement.

Pas trop de monde, pas encore assez de voitures folles, et le temps est ensoleillé.

Les fenêtres sont grandes ouvertes pour faire passer un peu de vent. Je prends plaisir de ce moment, ou la circulation n'est pas encore intense et ou je peux prendre le temps sans me faire claxoner.

Je pense que ce dimanche fera partie de certains dimanches tristes. Je me souviens avoir entendu un jour que les dimanches dans tous les pays du monde, se ressemblent.

Pourtant j'ai bien envie de dire non. Tout dépend de notre pensée du moment, si nous avons choisi de prendre un arc en ciel et des sourires, ou si nous optons pour la tristesse.

Tout à l'heure, quelqu'un de proche à ma vie, m'a dit que nous sommes ainsi, nous sommes heureux, nous avons la santé, mais que nous sommes des êtres humains avec des jours bien et des jours moins bien, mais que cela ne remet pas en cause notre existence, notre joie, ou tout ce que nous faisons..

J'ai aimé ce qu'il a dit, et j'ai entendu ses mots comme venir se plonger en moi, peindre un peu plus de solitude sur ma solitude, et créer tellement de bonheur dans mes rires.

Je ne lui ai pas dit. Je n'ai rien dit. Cela aurait servit à quoi de le dire ?

Je ne sais même pas pourquoi je dis ceci et pourquoi j'écris. Peut être car en ce moment, de mon coeur à mes doigts coulent des faiblesses.

C'est l'appel à la prière. Je vais dans quelques minutes prier, et tenter de reposer un peu mon esprit, faire que ces dernières heures du dimanche passent tranquillement au lundi.

M'endormir sans trop penser, et savoir que demain, si Dieu le souhaite, me réveiller.

Je sais qu'à cause de la barbarie des gens et du pouvoir de ceux qui manipulent le monde, il y'aura eut malheureusement un peu plus de morts à mon réveil, car les guerres se poursuivent autant les nuits que les jours...

Ainsi nous dormons dans des draps si bien lavés , pendant que d'autres personnes dorment à même le sol ou sous les armes qui grondent.

Alors, avons nous le droit de nous plaindre vraiment ?

Il fait très chaud dans ma maison. Durant la journée, le soleil donne accès au salon et aux chambres.

J'aimerai écouter l'appel à la prière sur la terrasse, en regardant la mosquée briller de ses lumières vertes, ce qui lui donne un peu plus de grandeur dans cet espace.

J'ai appelé mon fils tout à l'heure. Il se trouve ailleurs, à quelques milles kilomètres de moi.

Ailleurs ou il me manque et je ne sais pas si j'ai tant le droit de lui  dire, du haut de ses 15 ans voire 16 ans bientôt. A l'âge de l'adolescence, l'adolescent évite de dire ce qu'il ressent même si la sensibilité existe.

Depuis son départ, Il a laissé un énorme vide dans cette maison.

Mes larmes se déversent , mais ne coulent plus autant.

Quelques fois, je me vois éclater en sanglots, alors je me laisse aller un peu, mais je réalise que je ne devrai pas crier cette tristesse sur le long de mes joues, car il est en bonne santé et car il est heureux, car ainsi est fait le monde et que je dois accepter même quand cela fait si mal.

Les mères ont cette facilité de porter en elles bien des solitudes et bien des manques.

Nous étions dimanche, nous sommes toujours dimanche et là je n'ai plus envie d'écrire...

Je vais prier. Demander que Allah me pardonne et  pardonne aux êtres qui sans le vouloir, font du mal à eux même ou aux autres.

Je vais trouver une sérénité dans la prière, et puis écouter des sourates quand je serai posée sur le bord de mon lit, aux odeurs si chaudes en un parfum de vanille...

Qu'ai je dit ? Beaucoup de choses et sûrement rien du tout...